Baromètre du numérique 2026 CRÉDOC : insights IA pour marketeurs
à propos du baromètre du numérique du CRÉDOC
L’année 2026 marque un tournant décisif dans le paysage numérique français, redéfinissant radicalement le parcours client et les interactions marques-consommateurs. Le dernier Baromètre du numérique, orchestré par le CRÉDOC, ne se contente pas de valider la généralisation de l’accès à internet ; il met en lumière une adoption stratégique et différenciée de l’intelligence artificielle générative.
Pour nous, professionnels du marketing, ce rapport est une mine d’or de business intelligence. Il révèle comment l’IA Gen transforme la recherche d’information, devenu son usage phare, et comment les algorithmes de recommandation façonnent l’engagement, particulièrement chez les Gen Z (18-24 ans). Mais attention : cette adoption s’accompagne d’une vigilance accrue. Le consommateur français de 2026 est un « consom’acteur » averti, qui pratique un contrôle humain systématique sur les outputs de l’IA et cherche activement à influencer les algorithmes pour personnaliser son expérience.
Naviguant entre une hyperconnexion source de risques et une quête de productivité et de contact humain, le paysage dessiné par le CRÉDOC impose une résegmentation fine et des stratégies de communication d’une pertinence inédite. Plongeons dans l’analyse de ces mutations pour identifier les opportunités de croissance et les leviers d’optimisation de vos campagnes marketing.
Comment l'IA générative transforme-t-elle nos recherches d'informations quotidiennes ?
L’intelligence artificielle (IA) générative transforme profondément la recherche d’information, qui est devenue son usage phare en France. En 2025, près d’une personne sur deux utilise l’IA générative, et parmi ces usagers, 73% l’utilisent pour rechercher des informations au moins une fois par mois, dont 21% quotidiennement. Voici les principales transformations observées dans nos recherches quotidiennes selon le CRÉDOC :
1. Une alternative aux moteurs de recherche traditionnels
- Bien que les moteurs de recherche restent globalement prioritaires pour l’information (utilisés par 55% des usagers contre 26% pour l’IA), l’écart se réduit drastiquement chez les jeunes.
- Chez les 18-24 ans, la préférence est presque à l’équilibre : 40% privilégient un moteur de recherche contre 36% pour l’IA.
2. Une recherche axée sur l'efficacité et la synthèse
- Rapidité : 21% des usagers estiment obtenir ce qu’ils cherchent plus rapidement.
- Synthèse : 15% apprécient les réponses plus claires et synthétisées par rapport à une liste de liens.
- Affinement : 17% des utilisateurs valorisent la possibilité de reformuler ou d’approfondir leur demande au cours d’une conversation, ce que ne permettent pas les moteurs classiques de la même manière.
3. De la recherche de mots-clés à l'interaction naturelle
- 41% des utilisateurs déclarent « discuter et interagir » avec l’IA, un chiffre qui monte à 59% chez les 18-24 ans.
- Cette dimension anthropomorphique, favorisée par un langage naturel et une « politesse bienveillante », transforme la recherche d’information en un dialogue.
4. Un usage étendu à l'apprentissage et à la création
- Aide aux devoirs : elle concerne 44% des utilisateurs, mais explose chez les 12-17 ans (68%) et les 18-24 ans (73%).
- Génération d’idées : 57% des usagers utilisent l’IA pour lutter contre le syndrome de la page blanche ou trouver de nouvelles pistes.
5. Une vigilance accrue face aux risques
- Vérification systématique : 64% des usagers vérifient les informations communiquées par l’IA générative.
- Méfiance persistante : le manque de confiance dans les réponses (erreurs, biais, informations périmées) reste le frein majeur pour 11% des non-utilisateurs.
- Inquiétudes environnementales : 46% des Français pensent qu’une recherche via l’IA générative a un impact plus fort sur l’environnement qu’une recherche classique.
L'IA générative : le nouveau record d'adoption du numérique en France


Comment les Français vérifient-ils les informations générées par l'IA ?
- Une vérification majoritaire : en 2025, 64% des utilisateurs de l’IA générative déclarent vérifier les informations qui leur sont communiquées par l’outil.
- Vigilance indépendante de la confiance : cette attitude précautionneuse traverse toutes les catégories d’usagers. Même parmi ceux qui affirment avoir confiance en l’IA, 62% procèdent à des vérifications. Ce chiffre grimpe à 68% pour les utilisateurs qui déclarent s’en méfier.
- Recours prioritaire aux moteurs de recherche : pour garantir la fiabilité de leurs recherches, les Français continuent de privilégier les moteurs de recherche traditionnels (utilisés par 55 % des usagers pour l’information) plutôt que l’IA générative (26 %). Les moteurs classiques restent la solution de référence pour valider ou approfondir une donnée, car ils sont associés à des habitudes ancrées et à une perception de fiabilité plus stable.
- Conscience des risques techniques : cette nécessité de vérifier est alimentée par la crainte des « hallucinations » (réponses fausses ou inventées par l’outil), ainsi que par le risque de recevoir des informations biaisées, périmées ou dépourvues de sources citées.
- Un frein à l’usage exclusif : le manque de confiance dans les réponses fournies (erreurs, sources manquantes) reste l’un des obstacles majeurs cités par ceux qui ne considèrent pas l’IA comme un outil prioritaire pour s’informer.
Quelles sont les opportunités pour les metiers du marketing ?
1. Optimisation de la création de contenus et de l'idéation
- Génération d’idées : 57% des usagers utilisent l’IA pour lutter contre le syndrome de la page blanche et trouver de nouvelles pistes créatives. Chez les cadres, ce chiffre atteint 69%.
- Production de contenus multimodaux : les professionnels investissent de plus en plus dans des versions payantes pour la création d’images, de photos et de vidéos (55% des utilisateurs quotidiens dans ce domaine paient pour le service).
- Rédaction et traduction : 58% des usagers l’utilisent pour rédiger, traduire ou améliorer le style de leurs textes, un atout pour le content marketing international.
2. Exploitation de l'engagement sur les réseaux sociaux
- Ciblage des jeunes actifs : les 18-24 ans sont les plus engagés, 56% d’entre eux publiant ou commentant quotidiennement.
- Maîtrise de l’influence algorithmique : bien que 72% des internautes préfèrent un affichage non personnalisé, les plus jeunes tentent activement d’influencer les algorithmes pour voir du contenu correspondant à leurs goûts. Il y a là une opportunité de créer des contenus si pertinents qu’ils sont « recherchés » par l’algorithme des utilisateurs.
3. Accélération de l'e-commerce et du "Passion Branding"
- Fréquence d’achat en hausse : chez les 25-39 ans, 68% effectuent des achats en ligne au moins une fois par mois.
- Leviers psychologiques : les stratégies marketing offensives s’appuient sur des mécanismes comme la peur de manquer (FOMO) ou la passion obsessionnelle pour les marques, particulièrement efficaces chez les jeunes.
- Adaptation logistique : la diversification des modes de livraison (points relais, casiers automatiques) devient un argument de vente, la livraison à domicile reculant de 6 points en un an.
4. Amélioration de la relation client via les Chatbot
- Marge de progression : Seuls 26% des utilisateurs sont satisfaits de leur expérience avec les agents conversationnels. Pour le marketing, il existe une opportunité de se différencier en proposant des outils de self-care plus performants et mieux intégrés, surtout pour les clients les plus compétents numériquement qui ont des attentes plus hautes.
5. Nouveaux canaux : messageries et objets connectés
- Marketing conversationnel : avec 64% d’utilisateurs quotidiens de messageries instantanées (WhatsApp, Instagram, Messenger), les marques peuvent développer des relations de proximité.
- Domotique et enceintes connectées : un tiers des Français possède une enceinte connectée. Ce canal offre de nouvelles perspectives pour le marketing vocal et les services de proximité.
6. Enjeu de la confiance et du "Made in France"
- Valorisation locale : il existe un attachement marqué, notamment chez les seniors (60-69 ans), pour les outils et services « Made in France », ce qui constitue un argument marketing puissant.
Quels sont les freins majeurs à l'adoption de l'IA pour les marketeurs ?
1. La force des habitudes et des outils classiques
- Attachement aux moteurs de recherche : 28% de ceux qui n’utilisent pas l’IA en priorité préfèrent rester fidèles aux moteurs de recherche classiques auxquels ils sont habitués.
- Primauté de la recherche traditionnelle : pour la recherche d’information, 55% des usagers continuent de privilégier un moteur de recherche, contre seulement 26% pour l’IA générative.
2. Le déficit de compétences et de maîtrise technique
- Sentiment d’illégitimité : 26% des non-utilisateurs expliquent leur choix par le fait qu’ils ne se sentent pas assez compétents pour bien utiliser ces outils.
- Compétence limitée : globalement, la compétence perçue en matière d’IA (41%) est bien inférieure à celle des autres outils numériques comme les réseaux sociaux ou les démarches administratives (plus de 70%).
3. Les inquiétudes liées aux données et à la confidentialité
- Protection des données : 19% des réticents craignent la transmission de leurs données personnelles à des tiers ou leur utilisation pour entraîner les modèles d’IA.
- Manipulation : 15% des Français s’inquiètent spécifiquement de la manipulation possible des données transmises à ces outils.
4. Le manque de confiance et la fiabilité des résultats
- Défiance générale : 52% des Français se déclarent méfiants par rapport à l’IA en général.
- Qualité des réponses : le manque de confiance (erreurs, biais, informations périmées, absence de sources) est cité par 11% des non-utilisateurs.
- Expériences décevantes : les formes dérivées de l’IA, comme les chatbots, ne convainquent pas encore : seuls 26% des usagers en sont satisfaits.
5. L’enjeu du coût et de la gratuité
- Faible consentement au paiement : seuls 19% des usagers paient actuellement pour un service d’IA générative.
- Dépendance à l’employeur : si l’usage est imposé par l’entreprise, 44% des usagers bénéficient d’un service payant, suggérant que le coût est un obstacle majeur pour un usage individuel ou indépendant.
1. Risques pour la cohésion sociale et l’emploi
- La déshumanisation : la crainte d’une déshumanisation des rapports sociaux.
- L’emploi : les risques de remplacement ou de dépréciation de certains métiers par l’automatisation.
- La création artistique : les menaces pesant sur la propriété intellectuelle et la valeur de la création humaine.
2. Fiabilité et risques cognitifs
- Manque de confiance : 11% des réticents évoquent les erreurs, les biais algorithmiques, les informations périmées ou l’absence de sources citées.
- Hallucinations : dans le secteur éducatif, les « hallucinations » (réponses fausses inventées par l’IA) sont une source d’inquiétude majeure.
- Impact sur l’apprentissage : les experts s’interrogent sur l’impact à long terme de l’usage de l’IA par les jeunes sur leurs processus de construction cognitive et leur rapport à l’acquisition des connaissances.
3. Impact environnemental
- Perception du coût énergétique : 46% des Français estiment que l’IA générative a un impact plus fort sur l’environnement qu’une recherche classique. Ce chiffre monte à 54% chez ceux qui utilisent déjà l’outil.
- Ressources : les inquiétudes portent sur la consommation électrique massive des centres de données et le volume d’eau nécessaire à leur refroidissement.
4. Souveraineté numérique
- Domination étrangère : 7% des Français craignent la domination de l’écosystème par des plateformes étrangères.
- Attachement local : à l’inverse, on note un certain attachement aux outils « Made in France » (comme « Le Chat »), particulièrement chez les seniors de 60-69 ans.
Le Baromètre du numérique 2026 dresse le portrait d’un consommateur français mature, pragmatique et exigeant, dont l’adoption de l’IA générative est motivée par l’efficacité mais tempérée par la méfiance. Pour les professionnels du marketing, ce rapport n’est pas seulement un état des lieux, mais une feuille de route stratégique.
Les opportunités de gain de productivité et d’optimisation du parcours client sont bien réelles, portées par une IA conversationnelle de plus en plus intégrée. Cependant, la clé du succès réside dans l’équilibre délicat entre la puissance algorithmique et le besoin de réassurance. Le marketeur 2026 doit être un technologue éthique, capable de déployer des stratégies de personnalisation avancée tout en garantissant la transparence de ses modèles, la protection des données de ses clients, et en ne négligeant jamais l’importance stratégique du contact humain, plébiscité pour les interactions complexes.
Face à des segments de population aux compétences numériques contrastées, il est impératif d’adopter des approches de communication segmentées et d’investir dans l’éducation client. En fin de compte, l’IA est un levier ; la confiance reste la monnaie. Ceux qui sauront fusionner ces deux éléments domineront le paysage numérique français de demain.
Source : Baromètre du numérique 2026 - Rapport du CRÉDOC

Expert en marketing, transformation digitale et management d’équipes, avec plus de 20 ans d’expérience dans des environnements exigeants (ministère des Armées, retail, tech) et variés (B2B et B2C, privé et public). Spécialisé dans le pilotage de stratégies omnicanales, l’optimisation de la performance commerciale (ex : +15 M€ de CA en Drive to Store, +12 % de revenus mobile) la conception de solutions innovantes (produit digital, marketplace, jeux sérieux) et les partenariats stratégiques. Adèpte de la transmission du savoir : 2 blogs, 2 livres, formateur en école de commerce niveau master et coach de thèse professionnelle.
Contrôler et améliorer l’expérience client grâce à l’intelligence artificielle
Découvrez mon « Capstone Project » issu de ma formation pour cadre de l’Université Berkeley ExecEd de Californie :
« Artificial Intelligence: Business Strategies and Applications »





